Les professions du bonheur: comblée par le bien-être de sa «tribu»


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Les professions du bonheur: comblée par le bien-être de sa «tribu»

Considérant ses employés comme des membres de sa famille, la propriétaire d’un salon de coiffure de Montréal estime que ce qui la comble de bonheur, c’est d’être une bonne patronne.

« Je ne pourrais pas être employée. Ce qui me rend heureuse, c’est d’être une bonne boss pour ma famille, ceux qui travaillent pour moi. »

Debbie de Kochendœrffer coiffe depuis qu’elle a 16 ans. Après un bref détour de carrière comme directrice des ventes dans le vêtement, elle est redevenue coiffeuse à 22 ans et l’est toujours. 

« Quand je suis revenue à la coiffure en 1985, je suis retournée au même salon, dans Villeray. Le patron était vieux et malade, j’ai fini par racheter la place », se souvient-elle.

« Mes employés ont longtemps été ma famille, puis on est passé de 8 à 17. Aujourd’hui, on est une tribu », raconte la propriétaire de Debbie Coiffure, avenue du Parc, à Montréal.

Les coiffeuses sont troisièmes sur l’échelle des professions du bonheur. 

Soudés depuis longtemps

Pour Debbie, ça passe par Eduardo, coiffeur à ses côtés depuis 20 ans, ou Jamie, esthéticienne au salon depuis 17 ans. Et leurs nombreux soupers.

« Il fut un temps où tout le monde venait manger à la maison au moins une fois par semaine. Ils le faisaient même quand je n’étais pas là. Ils m’appelaient de chez moi pour me dire qu’ils m’attendaient », rigole-t-elle.

Depuis que le salon a triplé sa superficie avec le déménagement de 2014, trois nouveaux coiffeurs se sont joints à l’équipe ainsi qu’une autre esthéticienne et de nombreuses assistantes.

« Je n’arrête pas. J’ai une nouvelle recrue dans l’œil comme coiffeuse. J’espère que ça va marcher », confie Debbie, qui note que « c’est assez dur de trouver du monde ».

Aimer son travail et ses clients

Son salon est maintenant ouvert 7 jours sur 7, ce qui est rare, car « tout le monde coupe des journées par manque de staff ».

Tous les matins, elle arrive au salon chargée à bloc. 

« J’aime mon travail, j’ai hâte d’arriver. Une de mes coiffeuses a de la misère à prendre des vacances tellement elle s’ennuie de ses clients », assure la propriétaire des lieux depuis 1994.

Ses clients, d’ailleurs, la suivent depuis longtemps, dont « une bonne quinzaine » depuis toujours. 

« Elles sont devenues des p’tites madames et je m’occupe toujours d’elles 42 ans plus tard », dit la coiffeuse.

En 2014, pour se permettre le déménagement, elle a vendu son loft. 

« Mon environnement de travail est plus important. J’ai investi dans mon salon », lâche-t-elle.

Aujourd’hui, elle ne le regrette absolument pas. Son travail la rend heureuse. 

« Je ne ferais rien d’autre », souffle-t-elle avec confiance.

Pourquoi coiffer des gens rend heureux ?  

Une majorité de coiffeuses pratiquerait ce métier par passion et non par obligation ce qui expliquerait en grande partie pourquoi elles sont si heureuses. 

C’est du moins l’avis du président de l’Association de Coiffure Québec (ACQ), Stéphane Roy.

Avec sa femme, Isabelle Lachance, ils possèdent des écoles et des salons (Oblic) et participent à des concours de coiffure. Bref, ils en mangent. 

« Chaque mois, quand on voit nos clients, il y a un attachement extrêmement fort, on s’intéresse à leur vie et vice versa », raconte-t-il. 

Il gère l’association depuis 8 ans déjà. Pour lui, les coiffeuses sont des artistes qui ont la chance d’être bien rémunérées. 

« Ce ne sont pas tous les métiers artistiques qui permettent de bien gagner ta vie. Les coiffeuses font des créations, elles n’ont pas à chercher de la clientèle », explique-t-il.

Embellir le monde

Il prend l’exemple d’un fabricant de chaises qui doit se battre contre des manufacturiers chinois. 

« Les gens ne peuvent pas aller en Chine se faire couper les cheveux. Et ce n’est pas demain matin non plus que des robots vont faire notre job », croit-il.

Le Québec compte près de 25 000 coiffeuses – 15 % sont des hommes –, selon les chiffres du comité sectoriel de la beauté – coiffure, esthétique, massothérapie – parrainé par le ministère du Travail.

Stéphane Roy est convaincu que ces 25 000 personnes aiment « embellir le monde » pas mal plus qu’elles aiment l’argent. 

« Beaucoup de coiffeuses ont mal au dos ou mal aux bras et elles continuent de travailler. Ce sont des passionnées, elles aiment leur métier et le contact avec leur clientèle », constate le président de l’ACQ. 

L’association s’occupe de faciliter les communications entre le gouvernement et les coiffeuses. Par exemple, elle a travaillé de concert avec la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) pour propager l’information quant au protocole COVID à respecter. 

« On met aussi de la pression sur le gouvernement et on fait des demandes au nom des coiffeuses », insiste M. Roy.

Notre dossier complet sur les professions du bonheur :


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