les petits commerces pris à la gorge par la crise économique


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les petits commerces pris à la gorge par la crise économique

Au Liban, la crise n’en finit plus. La monnaie nationale continue de s’effondrer, les prix dans les supermarchés explosent. Une situation qui prend à la gorge de nombreux commerçants.

Avec notre correspondant à Beyrouth, Noé Pignède

Le salaire minimum de 675 000 livres, qui valait 450 dollars il y a un an et demi, n’en vaut aujourd’hui plus que 45. Mécaniquement, cette dévaluation de la livre libanaise par presque 10 a entraîné une hausse des prix des biens importés par 10. Résultat : les commerçants contraints d’utiliser des produits que le Liban ne produit pas lui-même sont étranglés. C’est le cas de nombreux alcools, de la plupart des médicaments, de nombreuses denrées alimentaires, mais aussi du shampoing.

Élie Mrad tient un petit salon de coiffure à quelques encablures du port de Beyrouth depuis 22 ans, et entre les dégâts causés par l’explosion du 4 août, le confinement qui l’a obligé à baisser le rideau plusieurs mois et la crise économique, sa situation devient intenable.

« Pour réparer mon salon, ça m’a coûté 12 500 dollars en cash. Avec les confinements, on travaille un mois, puis on reste à la maison les deux suivants. Et tous les produits coûtent neuf, dix fois plus cher. Pour changer une ampoule, un sèche-cheveux, des ciseaux … C’est devenu hors de prix. Tout s’écroule ! », explique-t-il.

Les produits qu’utilise Élie pour couper, laver et teindre les cheveux sont importés, et donc facturés en dollars. Ses clients eux, payent toujours en livre libanaise. Mais en deux ans, la devise a perdu 90% de sa valeur. Le coiffeur a donc dû licencier pour faire des économies.

« Avant, mon chiffre d’affaires était de 4-5-6, parfois 7 000 dollars par mois. Maintenant, il est de 200 dollars. Plus rien du tout. J’avais 9 employés qui travaillaient pour moi. Je n’en ai gardé qu’un. Je ne pouvais plus payer les salaires des autres. Avant, une teinture coûtait l’équivalent de 50 dollars. Maintenant, ça ne fait plus que 7 dollars. Mais il ne faut plus parler en dollars de toute façon. Il faut parler en livre. On doit oublier le dollar pour le moment », détaille-t-il.

Plus facile à dire qu’à faire pour ce père de famille qui voulait envoyer ses fils aux États-Unis pour leurs études. Un rêve devenu aujourd’hui impossible.


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